L'histoire du Petit Tellier

Transmission familiale depuis déjà 5 générations

On ne peut évoquer le Haras du Petit Tellier sans, d'abord, s'intéresser à celui du Tellier. Les deux vont de pair, en quelque sorte, et sont d'ailleurs basés l'un à côté de l'autre, peu après la sortie d'Argentan, sur le bord droit de la route, en direction de Trun. Nous sommes là dans un environnement ornais, mettant à disposition des terres comptant parmi les meilleures du département. Depuis le dix-neuvième siècle, la famille Chedeville est indissociable de l'activité du Tellier, puis du Petit Tellier, étant une authentique dynastie d'éleveurs, dont Patrick Chedeville est l'actuel continuateur. Ancêtre de celui-ci, Frédéric Chedeville faisait déjà de l'élevage autour de 1850, où il était associé des Aumonts, les animateurs de Victot. Il était installé, quant à lui, à La Tuilerie, à proximité également d'Argentan, mais sur la route de Paris. Il y élèvera notamment Palestro, un vainqueur très prisé de Cambridgeshire Handicap, en Angleterre. C'est à la fin du siècle que l'élevage sera transféré au Tellier, une ferme fort ancienne et réputée excellente, acquise en 1892.

Sous l'impulsion de Paul Chedeville, puis son fils André, né à l'arrivé au Tellier, ou presque, en 1896. Le Haras va alors connaître, rapidement, d'éclatants résultats, qui vont perdurer pendant des décennies. Des réussites de Valparaiso à celles de Beaujolais, espacées de presque cent ans, en passant par celles de Biniou, Tchad, lauréat du Prix du Jockey Club, Saperliponette, pour le compte de Jean Stern ; Galérien, Le Tellier, Radio, Blockhaus, Altipan, gagnant du Grand Prix de Paris, pour Gérard Delloye ; Mincio, vainqueur de la Poule d'Essai des Poulains; Manderley, Minamoto ou encore Boitron. André Chedeville fera même naître Taine un champion olympique de dressage, aux Jeux de Los Angeles, en 1932; assez exceptionnel pour un pur-sang, le fait mérite d'être souligné. Avec le concours de Ludovic-Laudy Lawrence, André Chedeville accueillera, de surcroît, au Tellier, en provenance de Belgique, le chef de race Prince Rose, père d'un remarquable trio, constitué de Princequillo, Prince Bio et Prince Chevalier ; tous trois nés pendant la guerre, laquelle allait être fatale à leur auteur, tué dans un bombardement, en 1944, à la porte de son box. 

André Chedeville vivra presque centenaire, nous quittant en 1990. On l'appelait le doyen des éleveurs français et il l'était bel et bien. À la fin de sa vie, il était assisté par son gendre, Hervé Tillette de Clermont-Tonnerre. Il avait eu, hélas, la douleur de perdre son fils, Paul, quelques années plus tôt, en 1985. Celui-ci avait été terrassé par une crise cardiaque, dans ses herbages, au milieu de ses poulains. Une belle mort, sans doute (si tant est que la mort puisse être belle) mais prématurée. Après avoir appris au contact de son père, puis au Haras du Pin, où il fut stagiaire, Paul Chedeville avait créé le Haras du Petit Tellier en 1950. Sa réussite y sera aussi brillante que celle de son père sur le site voisin. Adamastor et Mélyno, gagnants de la Poule d'Essai des Poulains ; Rajput Princess et Aryenne, lauréats de celle des Pouliches, ou encore Pharly, vainqueur des Prix Lupin, du Moulin de Longchamps et de la Forêt, furent ses fleurons. Paul Chedeville eut également d'excellents étalons, tels que Norseman, enterré sur le haras ; Mourne et l'américain Traffic II, tête de liste des pères de vainqueurs, en France, en 1971 ; année où son champion, Rheffic, réalisa le coup de deux du Prix du Jockey Club et du Grand Prix de Paris. Notre homme fit aussi revenir le phénomène Sea Bird des États-Unis, après plusieurs saisons de monte effectuées là-bas. Mais le sort lui était contraire, car, à peine arrivé au Petit Tellier, Sea Bird fut victime d'une crise de coliques aux conséquences mortelles. Enfin, Paul Chedeville fut un éleveur-vendeur parmi les plus prisés sur la place de Deauville, où ses yearlings étaient toujours convoités, se recommandant d'origines commerciales et souvent précoces. 

Au décès de son père, Patrick Chedeville, travaillant déjà à ses côtés, lui a succédé et a continué le chemin tracé. Il fit agrandir l'exploitation, qui couvre aujourd'hui, plus de deux cents hectares, pour quelques cent quatre-vingts boxes et autant de chevaux, aux soins d'une vingtaine de personnes. Patrick Chedeville a renoué, en outre, avec le site historique de La Tuilerie, qu'il loue à Jean de Castilla et où il dispose d'une conséquente annexe. Sur le plan de l'élevage, Le Petit Tellier et Le Tellier ne font plus qu'un désormais, et les capacités du Haras ainsi formé en sont démultipliées. Quatre étalons y sont actuellement en fonction, soit, par ordre alphabétique, ELVSTROEM, MESHAHEER, MR. OWEN et THE GREY GATSBY. Les ont précédés, à ce poste, entre autres, sous la houlette de Patrick Chedeville, les Alleged, Arctic Tern ou Hero's Honor. Le haras demeure bien représenté aux ventes de yearlings. 

Tout récemment, Patrick Chedeville et sa compagne, Antoinette Tamagni-Bodmer, ont délégué sur les pistes deux bons 2 ans en provenance de leur élevage, THIS TIME, lauréate du séminaire-classique Prix d'Arenberg Gr3, et STILLMAN, place de Gr1. L'un et l'autre sont par des étalons maison, preuve du soutien apporté à ceux-ci, ce qui a toujours été règle dans la famille Chedeville et lui a souvent réussi.

©2020 par MB Equi Management pour le Haras du Petit Tellier